mercredi 27 mai 2009

Les Compétences de l'Enseignant

J'ai déjà parlé du socle commun de connaissance, qui est la vocation de l'Education Nationale. Il me reste encore à parler des dix commandements compétences de l'enseignant, qui sont à la base des différentes évaluations que j'ai eu ici, ou encore , ou même avec ça (mes différents rapports). Ils sont également à la base du travail que l'on doit effectué dans notre mémoire. Mais quelles sont donc ces dix compétences ?

C1 : Agir en fonctionnaire de l’état de façon éthique et responsable
Cette première compétence est déjà assez vague. Politesse, souci de la hiérarchie, honnêteté, ponctualité, en gros il faut bien se tenir et ne pas porter de t-shirt avec écrit dessus "Vive les grèves, ça fait moins de boulot". Ça je maîtrise !

C2 : Maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer
Bien entendu nous enseignons en France, et nous parlons donc français (à quelques exceptions près). Donc il faut parler de façon correcte et écrire sans fautes d'orthographe. Je suis loin d'être infaillible en français, mais je suis aidé. Mon dictionnaire et mon Bescherelle ne quittent jamais mon bureau.

C3 : Maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale
Pour mon cas, j'enseigne les sciences physiques, il faut donc que je connaisse les sciences physiques. Bon jusque là c'est assez logique. N'oublions pas que l'éducation nationale vise une formation de citoyen et que les matières ne sont pas fermées. Ainsi il faut également avoir une bonne culture générale pour parler des sujets annexes tels que l'écologie, les applications modernes, des exemples quotidiens. J'ajouterai que de toute façon la connaissance ne fait pas de mal, on trouve de quoi revenir à nos cours via un peu n'importe quel domaine, et on ne sait jamais vers où peuvent nous entraîner les élèves.
Avoir eu le concours montre déjà que l'on maîtrise assez bien nos disciplines, et tout le monde a de la culture générale, c'est juste qu'on a pas forcément la même. Pour le moment je me débrouille pas trop mal, il faudra continuer à apprendre.

C4 : Concevoir et mettre en œuvre son enseignement
Cette compétence contient la capacité à fabriquer un cours et à le présenter à une classe. C'est, je pense, le premier point à apprendre en tant qu'enseignant. Toutes les compétences qui suivent sont dans la lignée de cette base à notre travail.
Pour ma part j'ai beaucoup gagné en terme d'efficacité. Je fais mes cours plus rapidement et plus efficacement. Je pense également qu'ils sont plus intéressants. A ce sujet, j'ai relu récemment les cours que je faisais en début d'année et c'est impressionnant de voir à quel point tout a changé, j'étais loin de m'être rendu compte du chemin parcouru.


C5 : Organiser le travail de la classe

Lorsque le cours est prêt et que l'on est prêt à le présenter à nos classes, il reste à savoir comment l'on va faire travailler les élèves. C'est quelque chose de très difficile car prévoir comment réagissent les élèves n'est pas du tout intuitif. J'en ai longuement discuté avec M-Prof, mon tuteur de collège, et il m'a dit qu'il lui a fallu trois ans pour arriver à anticiper. Donc il ne me reste plus qu'à m'améliorer doucement en engrangeant de l'expérience (on se croirait presque dans un RPG non ?).

C6 : Prendre en compte la diversité des élèves
Voici ma bête noire, S-Prof confirmerait que je déteste cette compétence. Je n'apprends rien à personne en disant que tous les élèves sont différents. Certains sont plus rapides, d'autres ont plus de culture scientifique, d'autres sont plus aptes à extraire des données d'un texte, et ainsi de suite. Il faut aussi prendre en compte que certains élèves sont auditifs, visuels ou kinesthésiques. Chaque cours doit donc à la fois permettre à chaque élève d'avoir accès à l'information via son média le plus adapté, mais également de fournir des exercices adaptés aux niveaux de chacun.
Bon... est-il réellement possible d'accorder une telle attention à chaque élève ? Je comprends qu'il faille s'adapter à chacun, mais le but est d'enseigner à une classe, pas de faire une cours particulier à 30 élèves simultanément. J'ai déjà fait quelques tests concernant la diversité des élèves, et j'ai d'autres projets en tête, mais cela reste ma plus importante interrogation.

C7 : Évaluer les élèves
C'est certainement sur cette compétence que je me suis le plus "amusé". J'ai eu beaucoup de mal à apprendre à fabriquer une évaluation, on y a beaucoup travaillé avec mon tuteur. Depuis la création du sujet à la grille de notation, en passant par la correction, je n'ai pas arrêté de modifier mes façons de faire. Je pense avoir atteint une certaine stabilité qui me convient assez bien. Il me reste encore à mieux utiliser les différents types d'évaluation.
Je rappelle que mon exercice transdisciplinaire est né d'une réflexion sur cette compétence.

C8 : Maîtriser les technologies de l’information et de la communication
Cette compétence est assez large. Finalement il s'agit juste de savoir utiliser les mails pour communiquer avec les différents membres de l'équipe (bien pratique pour lancer des débats sans fin), ainsi que du vidéoprojecteur par exemple. L'utilisation d'internet pour des recherches, et l'utilisation des ordinateurs pour rédiger des comptes rendus fait également partie de cette compétence.
Naturellement la maîtrise personnelle de ces technologies a pour but soit de la transmettre aux élèves lorsqu'ils doivent l'utiliser en TP par exemple, soit d'exploiter les avantages qu'elles peuvent apporter dans un cours comme les powerpoints au lieu des transparents.

C9 : Travailler en équipe et coopérer avec les parents
Le travail en équipe est quelque chose de fondamental. J'ai beaucoup travaillé avec mon équipe disciplinaire (pas toujours dans de bonnes directions je trouve...) pour avancer en groupe dans la fabrication des cours. En effet si on fait réaliser un TP lourd à nos classes, il est préférable que tout le monde le fasse la même semaine pour éviter aux préparateurs de passer trop de temps à déplacer tout le matériel.
J'ai également beaucoup travaillé avec l'équipe pédagogique, c'est-à-dire les autres enseignants d'une même classe ainsi que les CPE. Ce travail permet d'avoir un suivi des élèves extrèmement important pour comprendre certains comportements.
Enfin le travail avec les parents reste encore un mystère pour moi. J'ai rencontré des parents lors des soirée parents-professeurs, où je ne savais pas trop quoi dire, ainsi que pour les portes-ouvertes du lycée. Finalement il faut que j'arrive à comprendre comment insérer leurs actions dans mon travail.

C10 : Se former et innover
Voici donc la dernière et ultime compétence. La formation est naturellement indispensable pour ne pas faire un cours ayant une décennie de retard sur son temps. Il faut captiver les élèves et malheureusement les sujets "vieillots" ont du mal à frapper leur attention. J'avoue que je ne suis pas très à l'aise avec cette formation, j'ai toujours eu beaucoup de mal à me tenir à jour avec l'actualité mais j'essaye, je me suis remis à la radio.
L'innovation est également le meilleur moyen de progresser. J'ai pour ma part testé beaucoup d'idées cette année. Nombre d'entre elles n'ont été que des échecs, mais certaines sont au contraire très intéressantes. Finalement ma classe devient un peu un laboratoire d'expérimentation de la pédagogie... les pauvres.

Le mouvement intra-académique

J'ai déjà expliqué précédemment la première phase des mutations qui est le mouvement inter-académique. C'est au cours de ce premier mouvement que sont désignées les académies où seront affectés les enseignants. Suite à cette première phase a lieu le mouvement intra-académique. C'est au cours de cette seconde phase que nous sommes affectés sur notre établissement pour l'année suivante.

Alors comment cela marche-t-il ? Comme pour le premier mouvement, tout est question de points, mais ce n'est pas du tout le même barème que précédemment. Une académie est découpée en bassins, ce sont des zones ayant une ville principale formant un secteur clos pour les enseignants. Si par exemple un enseignant demande une ville d'un bassin, on cherchera à le placer d'abord dans ce même bassin avant de le placer dans le bassin suivant.

La première chose que l'on nous demande c'est si l'on est volontaire pour "affronter" les RAR (Réseau Ambition Réussite). Personnellement j'ai répondu non. Aucune envie de commencer directement avec les établissements difficiles. Après bien que j'aie répondu non, il se peut très bien que je sois en RAR.

En observant la liste des postes vacants j'ai découvert un nouvel acronyme, les APV (Action Plan Violence). Ce sont des établissements référencés comment "dangereux". Je n'en ai demandé aucun, j'avoue.

Donc voilà comment cela se passe. On recoit la liste des établissements où il manquera un enseignant l'année prochaine, et on classe nos différents choix. Alors on se dit que tout cela est fort simple... eh bien absolument pas, mais il faut suivre...

Cette liste est certes très intéressante, mais elle cache deux problèmes.
Tout d'abord imaginons qu'un enseignant titulaire ait un poste pourri et demande à muter dans un des établissements de la liste qui soit bien. Vu que ce titulaire a plus d'ancienneté il prend ce poste, et le néo-titulaire qui avait demandé également ce poste se retrouve dans l'établissement le plus proche... le poste pourri du titulaire.
Ensuite on peut faire des voeux plus larges qu'un simple établissement. On peut demander une commune, un groupement de communes, ou même un département entier. On a alors le choix de demander plus spécifiquement un lycée, un collège, un RAR, un APV, un lycée professionnel ou alors même l'ensemble des établissements. Au début je comptais demander des établissements "normaux", mais voulant mes points de rapprochement de conjoint je ne pouvais pas. En effet pour obtenir ces points là il faut IMPERATIVEMENT cocher la petite case tout établissement, y compris RAR et APV. Et me voilà donc de nouveau sur la liste des établissements difficiles...

Concernant mes propres vœux, j'en ai fait 15. Un des bassins m'intéresse particulièrement. Le point positif de ce bassin est qu'il est très peu demandé par les enseignants étant dans une zone extrêmement rurale. Le point négatif est que le bassin le plus proche est celui où se trouve les établissements les plus difficiles de l'académie (de réputation).
J'ai donc demandé ce bassin en premier, puis j'ai fait des vœux pour 8 villes spécifiques du bassin. Mon dixième vœux est la ZR (Zone de Remplacement) du bassin, si j'ai ce vœu je serai remplaçant sur toute l'année, en passant d'établissement en établissement selon les besoins de l'académie (la ZR de ce bassin est continuellement déficitaire, donc ça s'arrêtera sûrement là pour les vœux).
Les 3 voeux suivants sont les 3 bassins les plus proches du bassin qui m'intéresse (dont le bassin difficile).
Le quatorzième vœu est la ZR la plus proche et mon dernier vœu est un bassin un peu plus éloigné (au cas où).

Les résultats définitifs tomberont le 25 juin, après les décisions des commissions paritaires. Cependant d'ici là un avis temporaire du projet d'affectation nous sera communiqué par SMS. Certains l'ont déjà eu... il ne reste plus qu'à attendre.


lundi 25 mai 2009

Interrogation importante

Contrairement à ce que le titre laisse penser, je ne vais justement pas parler d'une interrogation importante, mais bel et bien de futilités.

J'ai appris il y a peu que mes élèves me prêtent un flirt avec la préparatrice de chimie, la charmante S-Labo. Je précise qu'elle vient de se marier (mes félicitations) et que l'on boit le champagne demain.

Justement il y a une semaine une élève prend son courage à deux mains et vient me voir pour me demander si elle peut me poser une question. Je répond qu'elle le peut naturellement et elle me demande si je suis gay. Bon j'avoue que je ne m'attendais pas à celle là.

A l'IUFM on nous a conseillé de soit rétorquer que cela ne les concerne en rien ou bien de leur demander pourquoi ils posent une telle question.
J'ai pris une voie un peu différente et je lui ai fait remarquer que cette intuition s'oppose fortement à la rumeur qui court sur mes aventures passionnées avec S-Labo (je vous rassure je ne l'ai pas formulé ainsi).
Finalement elle a effectivement pris conscience de cet antagonisme pour retourner à la théorie de mon flirt avec la préparatrice.

Ceci met d'ailleurs un pied de nez à toutes les personnes qui étaient convaincues qu'il ne faudrait pas une semaine pour que tout le monde soit sûr que je sois gay.

Enfin bref... finalement est-ce que tout ceci a une quelconque importance. Je me demande vraiment ce que l'on peut dire ou ne pas dire. La suggestion d'une de nos formatrices est qu'il faut nous préparer une vitrine à présenter aux élèves. Elle n'a pas précisé si cette vitrine devait être vraie...

Y-Prof, jeune homme, passionné de littérature et de thé (qu'il boit d'ailleurs dans des chopes de bière), aimant les ballades à la campagne et les peluches champignons. Drôle de vitrine...

dimanche 17 mai 2009

Une histoire d'esthétisme

Dans la plupart des boulots, du moins ceux que j'ai eu l'occasion de faire avant de devenir enseignant, il faut certes ne pas ressembler à un sac poubelle, mais on peut cependant se permettre quelques largesses.

En effet, on peut ne pas venir coiffé au boulot un matin, on peut arriver avec des lunettes de soleil parce qu'on a trop fait la fête la veille, on peut venir avec une morsure dans le cou que l'on attribue bien sûr au chien du nouveau voisin qui avait pourtant l'air très amical, mais lorsqu'on est enseignant tout cela prend des proportions nouvelles.

On peut venir en cours mal habillé, pas coiffé, les traits tirés, ça ne porte pas trop à conséquence. Sauf peut-être si le proviseur vous convoque ce jour là dans son bureau. Mais pour tous les autres petits tracas, c'est toute une classe que l'on risque de perdre.

Loin de moi l'idée d'avoir un quelconque intérêt pour l'apparence, mes amis me reprochent déjà assez de n'avoir aucun goût (une petite dédicace à mon cher fiston qui m'a choisi mes habits de fonction), cependant parfois c'est indispensable.

Vendredi j'ai commencé à avoir mal à la peau en dessous de l'œil. Et samedi matin je suis allé au lycée avec une partie de mon visage toute enflée, et mon champ de vision de l'œil droit légèrement modifié. Je m'attendais à des commentaires des élèves mais je n'en ai pas eu, seuls quelques collègues l'ont remarqué.

Bon reconnaissons que mon exemple illustre peu ce que j'expliquais juste avant, mais je suis convaincu que malgré tout cela, dans mon métier il y a un esthétisme dont il faut (malheureusement) s'intéresser.

Hécatombe

Je ne compte pas parler ici de cette chançon très amusante de Brassens "anti-cognes", mais bel et bien de mon travail d'enseignant.

J'ai donné à ma classe un devoir surveillé hier matin. Je l'ai corrigé dans la foulée et les résultats m'ont laissé extrêmement perplexe. Tout d'abord j'ai eu le grand "plaisir" de mettre mon premier zéro. Habituellement je mets au moins 1 point pour l'encre, mais là c'était une copie blanche. Donc ce sera un zéro et une heure de colle pour aller me le refaire sous le regard bienveillant de nos surveillants.

Malheureusement le reste de la classe ne fut pas bien brillant. Avec une moyenne de 7/20 au contrôle et une moyenne de 2/10 en chimie je suis complètement démoralisé. Tout d'abord je me suis demandé si je n'avais pas tout simplement raté tout mon cours, ou bien mon devoir était-il mal formulé. Peut-être bien est-ce cela, mais après avoir discuté avec le professeur principal de cette classe j'ai appris qu'ils ne font plus rien dans aucune matière. C'est plus ou moins rassurant...

Là où cette anecdote est triste, c'est quand dans ce contrôle il y avait trois phrases à connaître par cœur (et ce sont des phrases simples), et quatre formules. Hors lorsque je regarde mes grilles de résultats je vois qu'il n'y a quasiment aucun élève qui les connait. Là je suis obligé d'en conclure que le problème vient d'eux, en effet ils savaient que je leur demanderais ces trois phrases là. Pour les formules je sais qu'ils ont du mal mais elles sont dans le programme.

J'en arrive donc à mon problème : Que vais-je faire ? Leur faire faire des devoirs supplémentaires si près de la fin ? Ils ne se rendent pas compte qu'avec un tel relâchement sur la fin, le proviseur va être des plus sévères au conseil de classe.

En tout cas revenons à mon expérience, voilà c'est fait, j'ai mis mon premier zéro.

vendredi 15 mai 2009

Finir tard, commencer tôt

Il est 23h43 et je viens juste de finir de corriger des copies que j'aimerais rendre demain. Non, ce n'est pas que j'ai un travail de monstre et que je suis obligé de travailler tard, c'est juste que j'ai profité d'un après-midi de libre pour me reposer, et je travaille donc en soirée en écoutant le bruit de la pluie que je trouve si relaxant.

Il va donc falloir que j'aille me coucher car demain mon réveil sonne à 6h40, mais avant cela je vais donner quelques anecdotes de la matinée en formation IUFM disciplinaire.

Une des choses que je n'aime pas du tout dans les formations disciplinaires c'est la prétention qu'ils ont à se croire omniscients et omnipotents. Ce matin notre formatrice principale, B-IUFM, nous a donc donné le planning d'ici la fin de l'année et nous a notamment parlé des "renouvellements" (mot politiquement correct pour ne pas dire redoublement). Notons que pour eux nous faire redoubler (pas de langue de bois ici...) c'est exclusivement pour nous. Ils pensent avant tout au fait que nous ne sommes pas prêts à affronter le dur travail et que l'on doit donc continuer à apprendre avec eux. La position se défend et elle est certainement parfaitement adaptée à certains, mais j'ai curieusement l'impression qu'on oublie une grosse partie du problème.

Donc ce matin B-IUFM parle du fait que les IPR (les Inspecteurs Pédagogiques Régionaux) se réunissent pour parler des renouvellements et "on" décide qui refait une année. Oui il faut bien noter le passage du "ils" pour les IPR au "on" pour les décisions. Normalement justement l'IUFM n'a voix au chapitre, alors pourquoi s'inclut-elle dans le groupe ? La proximité qu'il y a entre les IPR et les formateurs IUFM en physique est je pense un gros problème, ou alors les formateurs nous mentent effrontément pour nous faire peur, je ne sais pas trop.

Suite à cela un stagiaire demande comment les IPR décident qui sera en renouvellement, et B-IUFM répond : "Pour l'avis des IPR, il n'y a pas 36 solutions. Ils consultent les documents IUFM". Les documents IUFM sont : les fiches de présences en formations professionnelles et disciplinaires, le mémoire, les bulletins de visite (cinq au moins), l'avis du proviseur, la liste des compétences validées par le superviseur et le brevet du C2I2E. Donc le renouvellement reste très centré sur ce que pense l'IUFM. Je trouve cela un peu dommage.

Dans la suite de la matinée une touche d'humour très déplacé a été faite. Un collègue stagiaire bavardait avec son voisin et B-IUFM est arrivée avec une liasse de feuilles et a fait semblant de le frapper en disant "Les bavards je les frappe", ce à quoi le stagiaire a répondu "C'est interdit".
Là-dessus B-IUFM rétorque "Mais il n'y a pas de témoin". Naturellement le stagiaire rétorque à son tour "Tous mes collègues sont témoins".
Et là la réponse a fusé "Ils veulent tous être titularisés, il n'y aura pas de témoin".
C'était certes dit avec humour et en rigolant, mais sachant que l'on nous menace depuis la rentrée sur le fait de se faire refuser la titularisation si on ne suit pas les "ordres", je trouve que c'était très malvenu. D'autant plus que les dates approchent à grands pas et que plusieurs d'entre nous sont sur la corde raide.

Enfin pour finir sur une touche d'humour de ma part, je rappelle que l'un des points importants de l'enseignement de physique est d'utiliser un langage précis. Ainsi je citerai une ultime phrase de notre formatrice au cours de cette matinée : "C'est toujours généralement à peu près".
Joli non ?

Une séparation

Hier a eu lieu la dernière séance de formation professionnelle, et elle fut un peu particulière. Avant toute chose je rappelle que les formations IUFM se répartissent en deux catégories : les formations disciplinaires où tous les professeurs stagiaires d'une même matière sont réunis pour apprendre à enseigner cette matière, et les formations professionnelles où toutes les matières sont mélangées afin de définir des généralités sur notre travail et échanger sur nos vécus.

Je reviendrai sur les formations disciplinaires ultérieurement pour me consacrer maintenant au bilan des formations professionnelles.

La matinée d'hier fut consacrée à notre réflexion sur la formation professionnelle en général. Qu'est-ce qui nous a plu ou déplu ? Qu'est-ce que l'on aurait aimé changer ? Ce genre de choses.

Avant de parler de ce que je pense de cette formation il va falloir que je parle de C-IUFM, notre formatrice professionnelle. Je précise qu'elle a l'adresse de ce blog et que je vais me faire taper. Au début de l'année j'étais extrêmement sceptique concernant la formation, pour deux raisons. La première c'est que les débuts avec les formations disciplinaires m'avaient laissé un goût âcre dans la bouche et que je ne voyais pas en quoi cette formation serait différente.
Lors de la première séance j'avoue que je suis arrivé avec un mauvais esprit. J'avais beaucoup de travail à faire et je voyais la formation comme une perte de temps. J'ai été sérieux au début, puis j'ai perdu ma concentration. Ajoutons à cela que C-IUFM nous a lâché avec 30 minutes de retard car elle s'était mise à parler de sa fille, et nous étions tous un peu sur les dents.
La séance suivante fut du même acabit. Pas envie d'être là, mauvaise volonté. Puis les choses ont commencé à changer, et je sais que pour certains de mes camarades ce fut pareil. Une chose a fini par me frapper chez notre formatrice, certes on était pas toujours d'accord, mais elle était toujours prête à écouter nos arguments avec attention, et elle argumentait chacune de ses propres positions. Et avec le temps j'avoue que j'ai fini par bien aimer ces formations où l'on pouvait parler à cœur ouvert.

Bon, il est vrai que l'on a pas fait le programme que C-IUFM avait prévu pour nous. Nous étions tous extrêmement bavards (eh oui, il fallait bien se donner les nouvelles de nos petites vies professionnelles et personnelles), mais je crois que C-IUFM était la plus bavarde d'entre nous tous.

Finalement le bilan de cette année de formation professionnelle est positif. Finalement ce sont ces séances qui m'ont été les plus profitables. Pouvoir parler à cœur ouvert, avoir des avis, des opinions, des conseils, à la fois de notre formatrice, mais également de tous ces collègues (je devrais plutôt dire amis après tout ce temps passé à nous raconter nos vies).

Après ce bilan matinal nous sommes tous allés pique-niquer dans le parc de l'IUFM. Nous avions amené trois fois trop de nourriture, et les quelques verres d'alcool partagés entre nous ont été bien sympatiques.

L'après-midi fut consacré aux conseils que l'on voudrait donner aux prochains stagiaires, ainsi qu'à notre propre rentrée scolaire de l'année prochaine.

Enfin après tout cela nous avons fait un tour de table de notre plus beau moment de cette année, et nous nous sommes dit au revoir.

Oui un simple au revoir car nous organisons un restaurant qui aura lieu une fois que tout le monde aura fini ses visites de validation. Et là on pourra fêter comme il se doit la fin de cette année de stage. Pour ma part ce n'est pas la fin de l'année de stage que je vais fêter, je fêterai plutôt le début de ma carrière de professeur.

Car oui, je suis un professeur, un vrai, un tatoué (heu... ah non pas encore ^^)

PS : j'ai toujours pas fini la salade de riz...