samedi 5 septembre 2009

Les collègues

Tout d'abord je dois des excuses à C-Prof, ma collègue de sciences physiques. En effet j'avais supposé bien vite dans un précédent mail qu'elle me mettrait des bâtons dans les roues (certainement une crainte liée à certains problèmes rencontrés l'année dernière). Enfin bref, elle est vraiment très sympathique et impliquée dans l'établissement.

Mais ce n'est pas tout, la plupart des collègues sont vraiment présents. Tous se sont présentés, sont venus parler, ont donné leurs avis. C'est étonnant de voir la différence par rapport à mon lycée de l'année dernière où peu d'enseignants s'étaient présentés, peut-être à cause du trop grand nombre.

C'est donc une excellente nouvelle pour moi. J'imagine, comme me l'avait précisé M-Prof, mon collègue de collège de l'année dernière, que le nombre plus réduit d'enseignant en collège permet une meilleure interaction entre eux tous. Il me faudra encore quelques établissements pour me faire ma propre idée.

Le collège

La semaine de rentrée est enfin finie, et je prend le temps de raconter un peu ce qui m'est arrivé.

Dans le collège où je suis il y a 7 nouveaux enseignants ainsi que d'autres nouveaux arrivants. Afin de permettre à tout ce nouveau sang de ne pas être perdu, la direction a décidé de nous faire entrer 30 minutes avant tout le monde pour nous faire une petite présentation du lieu.
Cette première présentation fut assez simple. Après nous être présentés les uns les autres, la principale nous a parlé un peu du collège.
Je suis donc en RRS (Réseau Réussite Scolaire), c'est le nouveau nom que l'on donne aux ZEP (Zone d'enseignement prioritaire). Les établissements RRS sont donc des lieux pas forcément simples, mais qui restent moins difficile que les RAR (Réseau Ambition Réussite).
L'établissement accueille 70% de familles défavorisées et chaque année le collège reçoit autour de 20 dérogations pour ne pas avoir à y aller.
De plus dans la "ville" en question il y a 4 collèges et depuis quelques années il est question d'en fermer un. Et vu que ce collège est le moins réputé, c'est celui-ci que l'on montre du doigt.

Suite à cette présentation assez inquiétante, toute l'équipe s'est réunie et la réunion de rentrée pour tous a pu commencer. Description des résultats de l'année passée, bilan des orientations, plan incendie, plan séisme, plan grippe A, planning de l'année, toutes ces informations distillées en deux heures.

Finalement le collège a l'air effectivement difficile, mais l'équipe est motivée, présente, impliquée, et j'imagine que toute cette aide sera là pour tous les nouveaux qui vont certainement en avoir besoin.

lundi 31 août 2009

La veille de la rentrée

Voilà, c'est le 31 août. En plus d'être un jour important pour différentes raisons, c'est également la veille de la reprise des enseignants. Je suis donc installé dans mon nouveau chez moi et j'ai beaucoup de choses à régler avant d'avoir fini de préparer ma rentrée.
Je suis donc en Zone de Remplacement, ou "ZR". Cela signifie que je suis rattaché à un établissement, mais que j'enseigne dans ceux dans lesquels on m'enverra.
Mon lycée de rattachement est justement à 5 minutes à pieds de chez moi, c'est tout de même pratique. C'est donc là bas que je recevrai mes documents administratifs, que j'aurai à fournir tout justificatif, et c'est également lui qui me notera.
Par contre j'ai un remplacement à l'année dans un collège à 20 km de chez moi. J'aurai en charge 4 classes de cinquième et 3 classes de troisième. Je suis en plus professeur principal d'une classe de cinquième.

Voilà qui m'inquiète. Bien entendu, vu que la formation de l'année précédente ne touchait presque qu'au lycée, je suis inquiet quant à savoir si je vais bien m'en sortir cette année. De plus, bien qu'ayant lu les textes officiels sur le rôle du professeur principal, je ne sais pas trop ce qu'il faut faire dans cette fonction.

Enfin si je n'ai pas de troisième, c'est que l'autre professeur de physique de l'établissement, a tenu à les garder comme chaque année, et à ne faire que ce niveau. Je me pose alors une question, pourquoi donc ? Si c'est parce que c'est une classe qu'elle maîtrise bien, parce qu'elle se sent à l'aise avec, pourquoi pas ? Mais je crains que ce soit des motivations différentes. N'avoir qu'un seul niveau à préparer, garder le niveau le plus "intéressant", avoir le niveau le moins difficile. Effectivement le proviseur m'a informé que les cinquièmes étaient très difficiles dans ce collège.

Je verrai bien demain de toute façon. Alors je souhaite bon courage à tous les enseignants qui reprennent demain.
Bonne rentrée.

mardi 18 août 2009

Réflexion sur les certifiés et les agrégés

Au delà de la différence de salaire qu'il existe entre un certifié et un agrégé il y a le volume horaire. En effet un certifié doit 18h de cours par semaine alors que l'agrégé doit 15h (n'oubliez pas d'ajouter à cela le complément horaire pour arriver aux 35h hebdomadaires).

Un certifié doit donc 18h de cours plus 17 heures de préparation. L'agrégé, lui, doit 15h de cours plus 20 heures de préparation. Et là je ne comprend plus...

Un agrégé est censé avoir un niveau plus élevé, donc de ce fait il doit être capable de faire un cours plus rapidement. Donc pourquoi ne lui donne-t-on pas plus de 18h par semaine ?

Ne vous méprenez pas, je ne proteste pas contre cet état puisque cela m'arrange grandement, cependant je me demandais où se trouvait la logique d'une telle diminution.

samedi 15 août 2009

Des bureaux pour les profs ?

En revenant à mon histoire précédente des 35h, j’ai eu de nombreuses discussions avec Y-fan. En effet il travaille dans un lieu où les employés pointent. Cela permet d’avoir une certaine liberté dans ses horaires et je trouve cela pas mal du tout.

Les réflexions en sont donc arrivées à ceci : « Pourquoi chaque enseignant n’a-t-il pas un bureau dans son établissement et pourquoi ne pointerait-il pas ? » Naturellement la plupart des collègues avec qui j’en ai parlé trouvent cela scandaleux, mais pour ma part je trouve l’idée très intéressante. Tout d’abord ça libèrerait une pièce chez moi, puisque mon bureau de travail serait au collège ou au lycée, et en plus cela permettrait à la fois aux élèves et aux enseignants de pouvoir voir les gens dont ils ont besoin.

Naturellement dans l’état actuel des choses il est impossible de fournir un bureau à chaque enseignant, mais si cela est possible à la faculté, les infrastructures doivent pouvoir être réfléchies en ce sens. Peut-être verra-t-on cela un jour.

35 heures hebdomadaires

Combien de temps travaille un enseignant ? Voilà une question qui pose un gros problème. Prenons un professeur certifié, il doit faire 18h de cours par semaine. Cela veut-il dire qu’il ne fait « que » 18h par semaine, bien sur que non. Les 35h s’appliquent également aux enseignants. Il reste donc 17h à un enseignant par semaine. A quoi vont donc servir ces heures ? A préparer les cours bien sur, à corriger les copies, mais également à se concerter avec l’équipe disciplinaire (les enseignants de la même matière) et avec l’équipe pédagogique (les enseignants intervenant dans une même classe).

Pourquoi est-ce que je parle de cela ? C’est simple, il y a deux semaines je me suis retrouvé attablé avec une enseignante à la retraite avec qui j’ai un peu parlé. Elle me faisait remarquer que j’avais été bête de vouloir faire mon projet transdisciplinaire car comme il n’y a pas d’heures prévues pour se concerter entre professeurs ça ne pouvait pas marcher. Lorsque je lui ai expliqué ce que j’ai écrit plus haut elle a rigolé en me disant que c’était n’importe quoi et que, lorsqu’elle avait fini ses heures en classe, elle se promenait et ne bossait plus.

Je trouve triste de voir que tant d'enseignants pensent ainsi. Je rappelle donc que les enseignants sont bel et bien aux 35h. Que ces horaires soient faits ou non, n’oubliez pas que certains enseignants font effectivement leurs 35 heures.

jeudi 23 juillet 2009

Les traitements

Après ces quelques posts sur les concours j'en reviens à mon sujet qui fache : les rétributions des enseignants. Je rappelle à tous ceux qui vont lire ce qui va suivre qu'il faut rester concentré sur cette phrase importante "Les profs sont mal payés".

Alors comment cela fonctionne-t-il ?
Comme pour tout fonctionnaire le traitement (c'est à dire le revenu mensuel brut) est calculé à partir d'un indice. Je m'explique avec un exemple.

Prenons par exemple un indice de 300. L'état fixe la "valeur du point" qui correspond à la valeur d'un point d'indice annuellement. Jusqu'au premier juillet 2009 le point valait 54,8475 euros, et il est depuis de 55,1217 euros.
Donc un indice de 300 correspond à un traitement annuel brut de 300 x 55,1217 = 16536,51 euros brut annuel. Ce qui fait donc 1378,04 euros brut mensuel.

Bon maintenant nous allons parler du traitement d'un enseignant. Comme nous sommes dans la fonction publique d'état les traitements sont également publiques, il suffit donc de savoir où chercher. Par exemple il est possible de trouver cela dans des annexes sur le site du gouvernement. Vous avez référencé sur ce lien les fourchettes de rémunération indiciaire des fonctionnaires, dont ceux de l'éducation nationale.

On voit par exemple qu'un professeur certifié touche 346 en début de carrière, jusque 783 en fin de carrière. Précisons que selon les notations la fin de carrière est atteinte en 20 ans au mieux, 30 ans au pire.
Un indice de 346 correspond à un traitement brut mensuel de 1589,34 euros, et l'indice 783 correspond à un traitement brut mensuel de 3596,69 euros. Bien entendu à ces traitement il faut retirer les charges qui s'élèvent autour de 200 euros.

Par soucis de comparaison je précise qu'à ce jour le SMIC est de 1337,73 euros (brut). Donc un professeur certifié commence avec 250 euros de plus que le SMIC et finit avec... 2250 euros de plus. Et je rappelle qu'un prof est mal payé.

Je vais pas m'étendre sur les salaires vu que je ne connais pas trop la suite des réjouissances, mais les professeurs ont droit à tout un tas de prime qui gonflent le salaire, mais je découvrirai cela l'année prochaine.

Enfin par soucis d'être parfaitement clair je vais sortir mes fiches de paye. Juste après le concours (donc avec l'ancienne valeur du point pour ma part) :
De septembre à novembre j'avais un indice de 349, ce qui correspond à un brut mensuel de 1595,14 euros, et charge et sécurité sociale en moins je touchais net 1383,06 euros.
De décembre à juin j'avais un indice de 376, ce qui correspond à un brut mensuel de 1718,55 euros, et charge et sécurité sociale en moins je touchais 1442,64 euros.

Maintenant il reste à savoir que les grilles indiciaires grimpent encore pour les bi-admissibles (ceux qui ont été deux fois admissibles à l'agrégation) et encore pour les agrégés.

Bon alors c'est vrai qu'il y a des choses très dur dans ce boulot. Qu'on peut vite se laisser bouffer par tout ce qu'il y a à faire quand on veut le faire avec sérieux. Mais bon j'avoue que je ne me sens pas du tout mal payé, mais là ma voix est minorité...